Miscellanées 2

(Minter) Dialogue sur l’Archipel humain et l’interculturel
17/04/2022
Wébinaire avec SIETAR France – 30/06/2022 – Autour du livre « L’Archipel humain » avec les auteurs
11/05/2022

M iscellanées est le nom donné à une composition de textes divers, de fragments « mélangés » sans souci systématique d'unité. Nous rassemblons, dans ce qui suit, nos coups de coeur, nos textes ou entretiens rares, nos convictions...

Bonne navigation !

Entretien avec Michel Sauquet



Expert en interculturel, enseignant, écrivain et co-auteur de L'Archipel humain. Vivre la rencontre interculturelle aux ECLM avec Philippe Pierre en 2022.

Pourquoi parler d’Archipel, pourquoi se méfier des certitudes ?

L’image de l’archipel, choisie pour le titre de notre livre est une image inspirée de la pensée du poète et philosophe Édouard Glissant. Pour lui, l’archipel est une vision du monde mais aussi un mode d’organisation qui permet d’améliorer la coopération entre les êtres humains et les organisations et, surtout leur permet de vivre en meilleure harmonie en exploitant tous les avantages de leur diversité, considérée non comme un handicap mais comme une richesse.

Pour nous, le monde est un archipel humain d’une extraordinaire variété dont il faut tirer le meilleur parti ; mais également chacune de nos sociétés, chacun de nos pays, chacune de nos régions, de nos villes, de nos familles sont des archipels de diversité. Nous même, intérieurement, aussi, peut-être, avec nos contradictions internes, nos rivalités, notre foisonnement intime. Et prendre conscience de cela, de notre propre diversité intérieure, nous aide à mieux comprendre la diversité du monde qui nous entoure.

Mais cette diversité peut être aussi bien fracture que richesse. C’est une notion que l’on ne doit pas mettre sur un piédestal. Ce pour quoi nous plaidons dans le livre, c’est l’importance décisive de la rencontre. L’archipel, ce n’est pas la « possibilité d’une île », comme dit Houellebecq, c’est la possibilité d’une connexion féconde entre les divers éléments qui la composent. C’est la possibilité d’une rencontre interculturelle. C’est une exigence : ne pas se satisfaire du multi ou du pluriculturel, mais promouvoir vraiment l’inter, le dialogue, une intelligence interculturelle.

Pour promouvoir une véritable intelligence interculturelle, il faut en finir avec les certitudes conquérantes et endosser — la pandémie nous y incite — une culture de l’incertain. Il nous faut en permanence questionner nos certitudes culturelles, comprendre que nos évidences ne sont pas forcément celles de l’autre, que derrière nos mots, l’autre met peut-être autre chose que nous, que nous n’avons pas tous les mêmes rapports au temps, à l’espace, au statut social, à l’autorité, pas la même manière de gérer les conflits, pas les mêmes modes de communication interpersonnelle…

Nous sommes tous deux amenés à animer des formations à l’interculturel, et nous pensons que former à l’interculturel, c’est former au doute constructif. On dit souvent « ôtez-moi d’un doute », nous préférons dire « ne m’ôtez surtout pas d’un doute ».

Il y a une éthique de la rencontre qui s’accommode mal de trop de certitude, et encore moins d’arrogance. Il s’agit de passer d’une logique du « ou » (toi ou moi, tes méthodes, tes références ou les miennes, et l’un doit prendre le pas sur l’autre) à une logique du « et » (que nous nous soyons choisis ou non, quel commun pouvons-nous trouver entre nous, quels repères communs sur lesquels nous pouvons nous appuyer nous aideront à vivre et travailler ensemble ?). Nous devons avoir l’humilité de reconnaître que nous ne savons pas tout de l’autre, nous faire expliquer la façon dont il raisonne ; en rabattre sur nos certitudes sur ce qui est bien ou mal dans l’autre ; distinguer l’essentiel de l’accessoire, et, eu total, pratiquer une « négociation socioculturelle » : comment, sans abdiquer ses propres valeurs et sans mettre l’autre sur un piédestal, trouver des terrains d’entente.


Pour aller plus loin dans la connaissance de L'Archipel humain... et vous procurer les annexes de l'ouvrage en accès libre...

La grande démission ?



Terme donné à une crise de l'engagement et à l'émergence de nouvelles formes de motivation dans le champ des organisations...

Plus de 38 millions de salariés ont quitté leur emploi en 2021 aux Etats-Unis.


Pour aller plus loin dans la connaissance de ce phénomène de renouveau des formes d'engagement au travail... lisez Annexe n°2 : Une société en fragments – Tectonique des plaques familiales et politiques en accès libre...

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