Nos conférences

  • Les acteurs de la mondialisation
  • De nouvelles élites de la mondialisation ?
  • Un renouveau des identités culturelles dans la mondialisation ?
  • Les cadres internationaux produisent-ils une culture mondiale ?

Voir la page media

France Culture

Place des peuples

DécouvrezLes élites de la mondialisation - France Culture, émission enregistrée en 2010, qui rassemble Philippe Pierre et Yves Dezalay, directeur de recherche au CNRS.

Philippe Pierre

Patrick Boucheron à propos de la mondialisation et des identités nationales

Michel Foucher à propos de la mondialisation et des frontières

Jacques Pouchepadass à propos des études post-coloniales

Sociologie de la mondialisation

Nos travaux visent à fournir une discussion critique de la notion de mondialisation ainsi qu’une interprétation sociologique du phénomène.

La mondialisation que nous vivons aujourd’hui est bien réelle, mais elle n’est ni nouvelle, ni achevée, ni « naturelle ». Tous les individus ne sont pas, loin de là, les acteurs d’une hypothétique société mondiale. La mondialisation produit plus de diversité que d’homogénéité. Elle n’est pas non plus automatique, voire nécessaire, irréversible ou finalisée. C’est une construction contingente, dont il faut déconstruire les éléments et les processus, pour retrouver les acteurs collectifs qui concourent à la produire (découvrir l'article "Sociologie de la mondialisation.Considérations méthodologiques" paru dans International Sociology en 2006).

Nos recherches visent à répondre à plusieurs séries d’interrogations qui s’articulent autour de quatre dimensions en interaction :

  • l’histoire de la notion de mondialisation et son statut (caractéristiques, apports et limites, distinction entre phénomène et outil d’analyse). Dans quelle mesure le terme de mondialisation désigne un phénomène social identifiable ou constitue une sorte de pré-notion des temps modernes, n’épargnant pas la sphère académique ? ;
  • la sphère du travail et de l’emploi (place du travail dans les sociétés contemporaines, rôle des Etats et des grandes entreprises, diversité des modèles productifs, effets des NTIC) ;
  • la sphère de la culture et des identités (une culture mondiale est-elle en gestation ? Un imaginaire « globalitaire » remplace-t-il l’idéal démocratique en crise ? Quelles identités peuvent porter les hypothétiques citoyens trans-frontières ?) ;
  • ainsi que les formes de la domination et du contrôle (une nouvelle élite se détache-t-elle à l’échelle planétaire, comment en identifier les membres, les caractéristiques et les stratégies ?).

Chacune de ces dimensions comporte l’analyse des formes de la controverse à la mondialisation. Quels sont les contre-pouvoirs, comment émergent-ils ? Quelles logiques d’action défendent-ils ou portent-ils ?

La mondialisation apparaît comme un « fait social total », c'est-à-dire comme une série de transformations qui concernent toutes les dimensions de la vie sociale : les relations économiques, professionnelles, juridiques, culturelles, politiques et aussi géopolitiques, et donc aussi justiciables de concepts forgés par la sociologie depuis le siècle dernier dont il convient de discuter l’actualité (découvrir l'article paru dans le journal du CNRS en janvier 2004).

Nos recherches nous amènent à déconstruire certains mythes liés à la mondialisation :

  • le mythe de l’individu nomade dans le cyberspace, relié en temps réel à la planète toute entière, assimilée à un « village global », qui ignore le poids des cultures et de l’histoire, méconnaît les hiérarchies d’accès aux outils d’information tels qu’Internet, vision qui suscite le même engouement euphorique que jadis l’invention du télégraphe ;
  • le mythe d’une économie essentiellement structurée par des « firmes globales » qui se partageraient la richesse sur toute la planète, alors que la plupart de ces firmes restent ancrées à des intérêts nationaux, même si leur poids économique est devenu impressionnant ;
  • le mythe, de la fin du travail salarié, suite à l’interconnexion de tous les marchés du travail, provoquant la généralisation du chômage au niveau de la planète, et réduisant presque tout le monde à l’exclusion ou à la précarité ;
  • le mythe de la fin de l’Etat nation, voire du politique, face à l’emprise des entreprises multinationales et des marchés financiers, supposés leur ôter tout moyen de régulation. Certes, les Etats-nations doivent composer avec des acteurs transnationaux divers, mais ils restent le principe le plus approprié de socialisation et de régulation politique, et sujet de droit dans les relations internationales. L’émergence du « post-national » repose, en ce sens, encore largement, sur la volonté d’acteurs étatiques qui ne sont disposés à renoncer à des prérogatives nationales que dans la mesure où la constitution d’unions régionales, par exemple, leur offre des garanties supérieures.

La mondialisation n’est pas un grand Acteur, mais une série de choix et de conséquences cumulatives de choix d’acteurs, qui vont concourir à restreindre, pour certaines catégories, le champ des opportunités et ainsi exercer des effets de domination. Il n’y a donc ni contrainte en surplomb, ni pure coïncidence de choix d’acteurs, mais des phénomènes qui révèlent, éventuellement, des jeux d’alliances sur la scène internationale.

Dans la mondialisation, le mimétisme culturel n’implique pas un nécessaire partage des valeurs. Cette dissociation croissante entre mouvements de revendication d’une identité et forces d’intégration qui concourent à renouveler le capitalisme, questionne le sens même d’un espace possible de la moralité publique et de la démocratie.

Plongées au coeur de la Chine

 
 
sociologie_de_la_mondialisation.txt · Last modified: 2013/07/30 00:18 by philippe